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SAPIENDO

[RETRAITE] Usure professionnelle : un enjeu pour les RH, 15/07/2026

 

Selon la Sécurité sociale, plus de 2,3 millions de Comptes Professionnels de Prévention (C2P) étaient ouverts fin 2023. Les principaux facteurs d'exposition déclarés étaient alors le travail de nuit et le travail en équipes successives alternantes. 

 

Dans un contexte d’allongement des carrières, la prise en compte de l'usure professionnelle devient un enjeu majeur pour les entreprises. Car les conséquences ne concernent pas uniquement la santé au travail : elles peuvent également influencer les conditions de départ à la retraite.

 

Le C2P : un dispositif exigeant

 

Le C2P permet aux salariés exposés à certains facteurs de risques professionnels d'acquérir des points tout au long de leur carrière. Travail de nuit ou répétitif, équipes alternantes, bruit, températures extrêmes ou milieu hyperbare : lorsque les seuils réglementaires sont dépassés, des droits doivent être ouverts.

 

Ces points peuvent être mobilisés pour financer une formation, une reconversion ou un passage à temps partiel sans perte de rémunération. Ils peuvent également permettre d'anticiper son départ à la retraite. Les points sont alors convertis en trimestres de majoration à raison de 10 points pour un trimestre, dans la limite de 8 trimestres. Un salarié peut ainsi partir jusqu'à deux ans avant l'âge légal.

 

La réforme de 2023 a d'ailleurs renforcé le dispositif en abaissant certains seuils d'exposition et en supprimant le plafond global de points auparavant fixé à 100. Des évolutions qui contribuent à élargir le nombre de salariés susceptibles de bénéficier du dispositif.

 

Anticiper plutôt que subir

 

Pour les RH, le véritable enjeu réside souvent dans l'anticipation. Tous les salariés disposant de points C2P n'ont pas intérêt à les utiliser de la même manière. Certains privilégieront un départ anticipé, d'autres un aménagement de leur fin de carrière ou une reconversion vers un poste moins exposé.

 

Ces arbitrages peuvent avoir des conséquences importantes sur la date de départ, le montant de la pension ou encore l'organisation des effectifs.

 

Cette réflexion concerne également les salariés ayant connu une mobilité internationale : les périodes effectuées à l'étranger, lorsqu'elles sont prises en compte dans la durée d'assurance française, peuvent modifier l'intérêt d'un départ anticipé via le C2P et doivent être intégrées à l'analyse.

 

Un accompagnement qui peut être externalisé

 

Ces choix nécessitent une analyse individualisée, tant les situations diffèrent selon les parcours professionnels, les droits acquis et les objectifs de fin de carrière.

 

Face à cette diversité de situations, il peut être pertinent de proposer aux salariés concernés un bilan retraite personnalisé. Des sessions d'information collectives peuvent également être mises en place afin de sensibiliser les collaborateurs aux différents leviers existants. 

 

Accompagner les salariés concernés permet ainsi non seulement de sécuriser leurs droits, mais également d'alimenter une réflexion plus globale sur la gestion des carrières longues, la prévention de l'usure professionnelle et la transmission des compétences au sein de l'entreprise.

 

Au plaisir d’échanger avec vous,

Sapiendo